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Canular

Un cachalot échoué sur le quai de la Tournelle à Paris

Par: 
Claude Barouh

Ce quatrième weekend de juillet,  le cadavre d’un cachalot de plus de 18 m de long étant resté plusieurs jours quai de la Tournelle, en face de l’île Saint-Louis, des scientifiques ont pu  examiner son cadavre en détail, sous le regard étonné de touristes et de Parisiens dubitatifs…

« Pauvre bête », soupire un enfant que rien n’étonne. « Il est arrivé dans la nuit, hier il n’y avait rien ! », affirme péremptoirement un bouquiniste. « C’est du faux », traduit un (vrai ?) Parisien aux touristes qui avaient prévu de photographier Notre-Dame mais pas avec ce cadavre de cétacé en premier plan, qu’ils croient vrai.

Couvert de cicatrices, arrosé de (faux) produits chimiques en vue d’une (improbable) autopsie, ce montre censé peser plusieurs dizaines de tonnes n’est pourtant qu’un (vrai) canular belge transporté, au petit matin, en convoi exceptionnel et qui repartira bientôt vers d’autres destinations pour étonner d’autres publics.

Quand on s’approche, la mise en scène interpelle quand même : de faux scientifiques, protégés par d’inutiles vraies combinaisons et des masques appliqués contre le visage, aspergent le cadavre en plastique pour ralentir les processus de putréfaction imaginaire ; d’autres assistants, seringues à la main,  interrompent leurs tâches pour répondre aux questions des passants.

Tout a été monté par des artistes ici déguisés en scientifiques car en réalité ce cétacé n'est qu'une œuvre d’art construite par le Collectif belge « Captain Boomer », qui, ayant constaté que les gens s’arrêtaient en grand nombre au bord de la Seine pendant les inondations de juin 2016, ont réalisé cette exposition dans le cadre du festival Paris l'été.

Cette œuvre éphémère, cette blague belge énorme, dont le but est d’alerter les Parisiens (et les autres passants) sur le sort des cétacés et les dangers de la surpêche, est assez réussie. Mais cette tentatvie "d’explorer la frontière entre la réalité et la fiction" a-t-elle atteint son but ? Toujours est-il que la presse en a parlé et que la scène a bien fait rire le badaud local qui n’en demandait pas tant. Quant aux touristes, forts nombreux en ces lieux, y compris ceux passant sur la Seine en Bateaux Mouche, ils ont pu faire d’insolites photos-souvenirs de Notre-Dame, de l’Ile de la Cité, du quai de la Tournelle et du cétacé échoué. Pour ce qui est des Parisiens, il en faut bien plus pour les étonner et comme a conclu un passant au milieu d'un groupe hilare  : « A Paris, en été, une  baleine, c’est assez ! »

V240717

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