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Histoire locale et balades estivales

La villa de fer de Morgat, cousine de la maison de fer de Poissy

Par: 
Michel Kohn

Les recherches sur le patrimoine de notre territoire peuvent être complétées à l'occasion d'un séjour estival dans d'autres régions de France ou, même, de pays lointains. La comparaison d'une villa de fer bretonne avec la maison de fer de Poissy en est l'illustration.

En bordure de la plage de Morgat, dans la presqu'île de Crozon (Finistère), se trouve une construction inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques comme une autre de Poissy. Aucune des deux n’a de lien avec Gustave Eiffel comme il a, souvent, été écrit mais le même procédé a été utilisé pour ces deux constructions à ossature métallique. La villa Ker ar Bruck (Villa des Bruyères, en breton), toujours habitée, a été très bien conservée contrairement à la maison de fer de Poissy.
 

La maison de fer

Celle-ci, qui avait été érigée à La Maladrerie, a subi de fortes dégradations après que ses derniers habitants l’aient quittée en 1980. La maison et le terrain sur lequel elle se trouvait furent ensuite acquis par expropriation par l’Etat, en février 1981, pour la construction de l’autoroute A14. Elle a, alors, été laissée à l’abandon, incendiée en 1981, avant de s’effondrer pendant la tempête de la fin de l’année 1999.

Visite des vestiges de la maison de fer par des écoliers (© Ville de Poissy)

Acquise par la Ville de Poissy et récemment démontée, elle devrait être reconstruite à l’identique, l’année prochaine, dans le parc Meissonier, toujours à Poissy.


La maison de fer de Poissy, à son origine

Des maisons d’acier à ossature métallique

Toutes deux ont été bâties au moyen d’un procédé qu’un ingénieur belge, Joseph Danly, a fait breveter en 1887-88 ; propriétaire, dans son pays, des Forges d'Aiseau près de Charleroi, il a confié la fabrication des tôles d’acier embouties et galvanisées, pour la France, à la Société des ateliers de construction, forges et fonderies, d'Hautmont à Maubeuge (Nord).
 
La photo, qui précède, prise peu après la construction, montre que la toiture de la maison de fer de Poissy était surmontée d’un clocheton du même type que celui de la villa de Morgat. Au-delà de l’aspect décoratif, c’est un moyen d’assurer l’aération. L'isolation thermique de ces maisons est réputée bonne car chaque mur extérieur comprend deux parois. Dans d'autres maisons du même constructeur, elles sont constituées de tôles assemblées sur une charpente métallique, séparées par une couche d’air. A Morgat, comme à Poissy, seule la paroi extérieure est métallique, complétée par une paroi intérieure en briques et plaques de plâtre. L'espace devait être, à l'origine, empli d'un matériau isolant tel que de la paille.
 

La villa de fer

Nous aurons l’occasion de revenir sur l’histoire de la maison de fer pisciacaise, construite en 1889. Quant à la villa Ker ar Bruz, elle a été bâtie l’année suivante pour un ami de l’industriel Armand Peugeot, à côté de sa villa Bellevue. Cette carte postale ancienne montre celle-ci à gauche et la villa de fer à droite.

L’industriel avait, l’année précédente, fait construire un tricycle à vapeur, produite par une chaudière de Léon Serpollet, avant de fabriquer et de commercialiser, en 1891, l'une des premières voitures « sans chevaux » (à moteur à explosion) puis de fonder la Société des automobiles Peugeot, en 1896. Il avait, avec un autre ami franc-comtois, créé la société qui a aménagé et développé la station balnéaire de Morgat.
Un article du journal Le Télégramme, publié sur son site Internet le 11/10/2002, nous informe sur la rénovation, alors récente, de la villa, qui a une surface de 223 m² et une hauteur sous plafond atteignant 3,40 mètres : “Son ravalement, le premier en un siècle, a été effectué l'an passé. Il a nécessité l'intervention d'une entreprise spécialisée dans les navires de guerre, travaillant pour l'Arsenal. Celle-ci a entièrement mis la maison à nu. Les plaques ont été décapées puis repeintes. La villa a ainsi repris tout son éclat... pour longtemps encore.
 

D’autres maisons de fer

Le procédé Danly avait été utilisé pour bâtir des hôpitaux en Belgique, notamment des établissements militaires. En France, il existe une église construite en tôles d’acier : située à Vendin-le-Vieil (Nord), elle a été inaugurée en 1894. D’autres similaires se trouvent au Chili.

La villa Hamlet d’Arcachon
Une autre villa, construite selon le même procédé, existe toujours à Arcachon (Gironde), boulevard de la Plage.

La maison de Jarville
La quatrième des maisons de fer, subsistant en Europe, se trouve à Jarville (Meurthe-et-Moselle), près de Nancy. Le hasard a fait qu’un musée du fer a été installé à quelques centaines de mètres.


La maison de fer de Jarville (© http://maisons-metalliques-francaises.org)

Cette maison est très différente des autres : c’est une maison de rue, alignée avec d’autres construites de manière traditionnelle. Elle dispose d’un balcon métallique mais ses cloisons intérieures sont en lambris de bois.
 
La Casa de Fierro
Afin de voir une autre maison de fer, qui subsiste, nous devrions aller passer des vacances au Pérou.


Elle se trouve sur la Place d’armes de la ville d’Iquitos dans l’Amazonie péruvienne !
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