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Rencontre

Azzedine : "Je veux ma place dans la vi(ll)e"

Par: 
Rodrigo Acosta

Il est fréquent de constater que le handicap n'est pas encore intégré dans la politique urbaine. Triel-sur-Seine ne déroge pas à cette règle et le cas d'Azzedine démontre le hiatus entre ce qui est dit et ce qui est fait par les autorités compétentes, même au sein de l'Éducation nationale.

Dans un style direct, Azzedine, 16 ans, vous fixe avec des yeux pénétrants. Il s'est interrogé sur le bien-fondé de notre rencontre. Faut-il se confier à un inconnu ? En effet, le temps pressait et il devait trouver une place dans un lycée du secteur. "J'ai embarqué toute ma famille en région parisienne car j'ai une passion dans la vie, c'est le foot." Etonnant de la part d'un jeune paraplégique ! Toutefois, le chemin est semé d'embûches pour lui. D'abord, la circulation dans la ville en fauteuil roulant n'est pas facile car des voitures la gênent. Ensuite, pour s'inscrire dans un lycée, c'était difficile pour la mère, Fatiha. Après leur arrivée de Brest à Triel, elle a contacté les responsables du lycée de Gaulle à Poissy, une semaine avant la rentrée des classes. Il fallait passer par la case Versailles pour un diagnostic médical du handicap d'Azzedine. Mère courage, elle a fait passer son fils devant un docteur, qui a fait un bilan de sa situation. Le médecin a donné son accord, recommandant une affectation dans un lycée normal mais ayant les moyens d'assurer son accueil dans des conditions convenables.

Ensuite, la machine s'est enrayée :  aucune nouvelle pendant deux semaines. "N'ayant pas de réponse, je me suis déplacée avec mon fils à l'inspection générale de l'Education nationale à Versailles". Azzedine et sa mère ont été reçus mais le dossier était bloqué en attendant une place. La mère n'a pas arrêté d'appeler les services en charge de ce dossier. Le temps passa. Une semaine plus tard, après un message laissé à René Macron,(1), directeur adjoint à l'Académie de Versailles, l'affaire s'est résolue.

Cependant, il était question de faire redoubler le jeune Azzedine car les places sont rares dans le cas d'une arrivée tardive, avec un handicap majeur. Ainsi, le lycée Le Corbusier a permis au jeune Azzedine de mieux se préparer et de se sentir à l'aise dans son nouvel environnement. Il a été bien accueilli par ses pairs et par ses professeurs. De ce fait, il a pris place dans sa nouvelle vie.

Interrogé sur son avenir, le jeune Azzedine a surpris son monde : "Je me suis documenté sur Internet et j'ai trouvé deux écoles de journalisme, spécialisées dans le foot. C'est ce qui m'a donné envie de venir habiter près de Paris, pour voir aussi les grands matchs au Parc des Princes, même si je suis pour l'OM !"

En attendant que le jeune Azzedine assure sa place dans la société, peut-être pourrait-il commenter le prochain match de foot entre le Variétés Club de France et une équipe locale. Selon Karl Olive, maire de Poissy, Deschamps, Barthez, Karembeu, Blanc, Makélélé seront là pour un match de bienfaisance, le mercredi 11 octobre, au stade Léo-Lagrange. Le jeune Azzedine serait ravi de commenter ce match pour le J2R.

Peut-être des retrouvailles pour Azzedine : "Je vis pour le foot, c'est ma vie. Quand j'ai rencontré l'équipe de France et son entraîneur Didier Deschamps, j'ai vécu une journée inoubliable et cela m'a donné encore plus envie de travailler dans le milieu du football !" Avec une telle détermination, le jeune Azzedine est assuré d'avoir une place, au moins dans la rédaction du Journal des 2 Rives !

 

Notes

1. Qui n'a rien à voir avec le président Macron.

 

V051017

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