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La villa Savoye à Poissy

Par: 
La rédaction

Construite entre 1928 et 1931 pour Pierre (administrateur d’une compagnie d’assurance) et Eugénie Savoye, ...

... baptisée « Les Heures Claires » par l’Architecte lui-même, la Villa Savoye termine le cycle des « villas blanches » de Le Corbusier. Elle fut habitée jusqu’au début de la guerre par ceux-ci, ensuite par l’armée d’occupation. Elle fut sauvée quelques temps après (1965) par André Malraux Début septembre 1928, commande est passée à Le Corbusier et à son atelier de Paris par Madame Savoye pour une maison de campagne à bâtir sur un terrain de 6,93 hectares qu’elle vient d’acquérir à Poissy, dans le parc de Villiers. Madame Savoye désire une maison très claire, pleine d’agrément, avec une belle vue sur le jardin et la campagne et un accès facile en automobile (elle ne sait pas faire de marche arrière ! ). La commande prévoit une grande pièce de séjour, trois chambres à coucher, deux salles de bains, deux chambres pour le personnel de service, deux logements pour un chauffeur et couple de jardinier - concierge, un garage pour trois voitures, une cave à vins... « Le site : une vaste pelouse bombée en dôme aplati. La vue principale est au nord, elle est donc opposée au soleil ; le devant normal de la maison serait donc à contresens. La maison est une boîte en l’air, percée tout le tour, sans interruption d’une fenêtre en longueur. Plus d’hésitation pour faire des jeux architecturaux de pleins et de vides. La boîte est au milieu des prairies, dominant le verger. Sous la boîte, passant à travers les pilotis, arrive un chemin de voiture faisant aller et retour par une épingle à cheveux dont la boucle enferme, précisément sous les pilotis, l’entrée de la maison, le vestibule, le garage, les services. Les autos roulent sous la maison, se garent ou s’en vont. » La maison ne doit pas avoir un front. Située au sommet de la coupole, elle doit s’ouvrir aux quatre horizons. L’étage d’habitation, avec son jardin suspendu, se trouvera élevé au-dessus de pilotis de façon à permettre les vues lointaines sur l’horizon. Avec ses quatre façades, comme la Villa Rotonda de Palladio, la villa de plan carré ressemblera à « une boîte en l’air » percée d’une fenêtre unique en bandeau, coiffée d’un toit - terrasse et posée sur de minces pilotis. Semblable à un vaisseau spatial ou aux planètes imaginées par Malevitch « la maison se posera au milieu de l’herbe comme un objet, sans rien déranger ». « De l’intérieur du vestibule, une rampe douce conduit, sans qu’on s’en aperçoive ou presque, au premier étage, ou se déploie la vie de l’habitant : réception, chambres (...) C’est le jardin suspendu sur lequel s’ouvrent, en toute liberté, les murs de glace coulissants du salon et plusieurs des pièces de la maison : ainsi le soleil entre partout au cœur même de la maison. Du jardin suspendu, la rampe devenue extérieure, conduit sur le toit, au solarium. » « Pour finir, voyez la coupe : l’air circule partout, la lumière est en chaque point, pénètre partout. » (Extrait de ’Précisions’ de Le Corbusier- 1930)

Le Corbusier : « La maison se posera au milieu de l’herbe comme un objet sans rien déranger. » Telle est l’idée dominante, qui va présider au projet de la maison d’été que Pierre et Eugénie Savoye, « clients dépourvus totalement d’idées préconçues : ni modernes, ni anciens », commandent à l’atelier de Le Corbusier et Pierre Jeanneret en 1928. Si la commande est séduisante - clients très ouverts, site superbe et budget important -, le déroulement du projet se révèle, surtout pour des raisons financières, plus ardu que l’image définitive peut laisser supposer. Comme souvent, Le Corbusier présente un premier projet d’un coût très élevé et toute la difficulté va être ensuite de faire tenir malgré tout le programme dans le parti retenu. En dépit des réductions spatiales (passage de la trame de 5 m à 4,75 m et suppression du deuxième étage), le montant final (environ 1 million de francs) atteint près du double de l’enveloppe envisagée au départ. Le jeu des perspectives voulu par Le Corbusier correspond aux « cinq points de l’architecture moderne »

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