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Partis politiques

Les socialistes des Yvelines s'interrogent : "Quelles pistes pour le futur ?"

Par: 
Rodrigo Acosta et correspondants

A la salle Robespierre, à Poissy, environ soixante-dix personnes s'étaient donné rendez-vous pour échanger et débattre sur l'avenir du « travail ». En outre, une autre question planait pendant les échanges, alors que le débat avait été organisé par le mouvement Génération.S, proche de Benoît Hamon : " Quel avenir pour la gauche et le Parti socialiste ?".

Dans une ambiance studieuse, le 19 décembre 2017, environ 70 personnes ont d'abord écouté les deux intervenants de la soirée : Barbara Romagnan, ancienne députée du Doubs et membre de la direction provisoire du mouvement hamoniste, Générations.S, Guillaume Duval, rédacteur en chef de la revue Alternatives économiques.

Loin d'être un meeting de campagne, cette réunion a abordé le concept économique du travail et son avenir dans un monde de plus en plus complexe et mondialisé. Selon l'étude McKinsey de novembre 2017, qui a fait l'objet d'un dossier dans la revue de M. Duval, 800 millions d'emplois disparaîtront,dans le monde, dans les dix prochaines années. Que faire et comment se préparer pour ce futur incertain ?

Pour Barbara Romagnan, il est certain que tout est à reconstruire, notamment les rapports travail/capital. On ne peut pas continuer à « résumer le progrès humain à la croissance du Produit intérieur brut (PIB) et creuser les inégalités en faisant des cadeaux aux plus riches tels que la suppression de l'ISF ». La mondialisation a permis un flux de capitaux sans précédent dans l'histoire de l'humanité, mais une partie importante des terriens sont exclus de cette « mondialisation heureuse ». Sans vouloir évoquer toutes les conséquences géopolitiques qui découlent, il faudra que la contrainte climatique ne soit plus subordonnée aux enjeux capitalistes. Ainsi, pour l'intervenante Romagnan, il faudra également refuser de voir les mutations du travail et d'affaiblir les protections des salariés sans créer aucun emploi durable et viable. 

Par voie de conséquence, un des « remèdes » a été avancé et décortiqué : le revenu universel, qui avait été au cœur de la plateforme du candidat malheureux à la présidentielle de 2017, M. Benoît Hamon. Rapidement, la pertinence de cette proposition n'a pas fait l'objet d'une controverse, mais se posait le problème du financement. Faudra-t-il une taxation progressive (auprès des entreprises et/ou des personnes morales ayant des revenus conséquents ?) ou faudra-t-il faire des ajustements au fur et à mesure de la mise en place de cet outil innovant. Certains pays nordiques ont fait déjà le pas, notamment avec leurs jeunes.

Justement, les voies et moyens du financement font débat. L'état de la dette ne permet pas de mettre en place un tel outil. On s'interroge sur la finalité de cette politique publique : Guillaume Duval a carrément démonté, un par un, les arguments de sa voisine, Barbara Romagnan. "C'est caricatural de procéder ainsi", a rétorqué Mme Romagnan. Cela dit, elle a admis que le chemin était long et que ces idées innovatrices "seront portées au plus grand nombre". Effectivement, qui est susceptible d'être attiré par le revenu universel ? Les jeunes de "Génération.S", qui se sont déplacés à Poissy, ont répondu à l'appel et semblaient être enthousiasmés par cette nouvelle méthode des socialistes au sein du mouvement de M. Hamon.

Quel est l'avenir du PS dans les Yvelines ?

Bien que ce sujet ne figurait pas dans les sujets à débattre, cette question a prédominé les à-côtés. On voyait des rapprochements inédits : les amis du PRG yvelinois étaient bien représentés avec les socialistes pisciacais et des Andrésiens. Mme Anne-Marie Vinay avait, à la rentrée de septembre, déclaré qu'elle ne souhaitait pas rester à la tête de la section du PS à Poissy. Elle va officiellement démissionner avant avril 2018. Le seul point positif de ce côté était la présence importante de jeunes (18-25 ans) qui voulaient construire « une société plus juste, plus écologique, plus démocratique » afin de « ne pas laisser le vieux monde décider du futur de nos propres enfants ».

 

 

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