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Andrésy : point de vue sur la conférence sur l’Europe avec Valérie Pécresse

Par: 
PAR LIONEL WASTL

Le mercredi 15 octobre 2008, à l’occasion du 20ème anniversaire du jumelage avec la ville allemande de Haren, la mairie d’Andrésy a organisé une « conférence-débat », avec cinq invités politiques prestigieux, sur le thème « Andrésy au cœur de l’Europe »

Outre, Pierre Cardo, et le député des Yvelines (UMP) et Président de la Délégation Européenne à l’Assemble nationale, Pierre Lequiller, deux députées européennes étaient présentes : Brigitte Fourré (Nouveau Centre) et Nicole Fontaine (UMP et ancienne ministre). Enfin, clou de la soirée : un passage de Valérie Pécresse, actuelle Ministre de l’Enseignement supérieur.

Une belle brochette d’élus UMP !

Cet aréopage d’élus, tous issus de l’actuelle majorité présidentielle, laissait planer un soupçon sur la nature réelle de cette réunion, d’autant que Valérie Pécresse est en pleine campagne interne à l’UMP pour obtenir la tête de liste aux prochaines régionales (face à M. Karoutchi). Actuellement, la ministre multiplie les visites politiques en Ile-de-France. Pourquoi ne pas avoir invité, un élu de gauche ? L’absence d’experts indépendants (chercheurs au CNRS, politologue, universitaire) a aussi affaibli la qualité des débats.

Nicolas Sarkozy : un Président de l’Europe « ambitieux »

Le public était au rendez-vous avec un bémol cependant : la salle était surtout composée d’élus locaux et de quelques dizaines de collégiens. Si Mme Fourré plaida pour « plus d’Europe politique », M Lequiller rappela le rôle de l’Europe en faveur de la paix. Valérie Pécresse (nous vous invitons à visionner son intervention) espère que d’ici à 2015, tous les bac + 5 seront dans l’obligation de réaliser un voyage en Europe pour valider leurs diplômes. La ministre a annoncé la création de 30 000 bourses de mobilité de 400 € par mois afin d’encourager « la mobilité européenne ». Une des priorités du gouvernement actuel : la reconnaissance mutuelle des diplômes. La ministre prit un certain plaisir à raconter les dissensions entre représentants européens (voir notre film). Les élus insistèrent aussi pour que l’Europe soit dirigée par des « hommes politiques, et non par des fonctionnaires ou des non politiques ».

Les points de vue des cinq invités n’étaient pas dénués d’erreurs (M. Lequiller laissa entendre que l’Islande faisait partie de l’Union européenne) ou trahissaient leur étiquette politique : le regret du « non » au référendum sur la Constitution en 2005, le refus de l’adhésion à la Turquie, l’absence de toute référence à une « Europe sociale », enfin, et surtout, les félicitations adressées à l’« ambitieux » et « dynamique » Nicolas Sarkozy, actuel président de l’Union. Pour Mme Pécresse, très admirative envers un Président qui « a fait le voyage des 26 capitales avant de prendre la présidence », il n’y a pas de doute : « l’Europe politique est née avec Nicolas Sarkozy. C’est un Président qui nous a dopé ! »

 

Des collégiens très frustrés

On l’aura compris, le ton est resté très consensuel durant cette soirée et son déroulement fut des plus encadrés : seuls les jeunes pouvaient poser des questions, préparées avec leurs enseignants. M. Ribault voulait une « soirée interactive », mais ce fut finalement une série de longs discours politiques sur l’Europe et la Présidence française. Seules neuf questions ont pu être finalement posées en deux heures trente ! D’où l’extrême frustration des collégiens, à la sortie de la conférence. Ils avaient envie de tout savoir sur la Commission, le Parlement européen, sur les directives… Mais les réponses manquaient de pédagogie : aucun document n’a été projeté au mur.

En définitive, une « conférence-débat » qui n’atteignit pas son objectif. Un épisode fut particulièrement révélateur du décalage entre les invités et le jeune public : quand un élève posa une question à la ministre sur le programme « Comenius » d’échanges européens entre établissements scolaires, Valérie Pécresse rappela qu’elle « avait en charge les étudiants en post-bac » et que ce programme ne relevait pas de sa compétence… Pour Julien Besnard, élu d’opposition à Andrésy, il y avait bien là une preuve d’« erreur flagrante de casting ».

Cette soirée a inauguré quatre jours de festivités, dont le point d’orgue était la remise du Drapeau d’honneur du Conseil de l’Europe à la ville d’Andrésy. Quatre jours fastes pour le maire UMP de la ville, qui a été Président du Comité de jumelage de sa ville, pendant plus de dix ans.

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