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Environnement et santé publique

Déchargeons la plaine ! L'océan du capitaine Alban aux antipodes de l'océan du commandant Cousteau

Par: 
ASAEECC "Votre vie à Carrières"

Le commandant Cousteau se battait pour préserver la beauté des océans en les filmant. En 2018, le "capitaine" Alban Bernard, notre chef de file, filme la plaine de Carrières, de Triel et de Chanteloup avec son drone afin de réveiller les élus, la communauté urbaine et enfin l'Etat, afin qu'ils agissent pour qu'elle soit nettoyée rapidement.

Vous pouvez retrouver cet article sur le site de l'ASAEECC "Votre vie à Carrières" : ICI

 

Selon les estimations d'Alban Bernard, cet océan de déchets polluants représente maintenant une superficie de 7 à 8 terrains de football.

Comment en sommes-nous arrivé là ?

En 1999, le préfet des Yvelines (l'Etat) a interdit de cultiver ces terrains agricoles définitivement, mettant fin à l'agriculture dans notre boucle de la Seine. Les terres, abandonnées sous la contrainte, sont donc devenues des jachères.

 
 

Quelques années plus tard, sont venus s’installer, successivement, quatre camps de la communauté Rom. Les dépôts sauvages dans la plaine, alors commencés, se sont amplifiés doucement et périodiquement pour devenir en mai 2017 une décharge sauvage. Un système organisé s'est mis en place entre les Roms, des entrepreneurs de la démolition et diverses sociétés sans scrupules voulant éviter de payer les centres de traitement des déchets. Certains, encore plus malhonnêtes, facturaient pourtant à leurs clients les frais de décharge sur un site de recyclage des déchets (payant) !

Il faut savoir que la loi française ne permet pas d'expulser quiconque, si aucune proposition de logement n'est proposée. Alors pourquoi n'a t-on pas trouvé de solution pour reloger la communauté Rom depuis 10 ans et les avons nous laissés vivre sur la plaine, dans des conditions qu'aucun d'entre nous n'accepterait ? Si les mesures de relogement avaient eu lieu et les accès à la plaine condamnés, nous ne serions jamais arrivés à cette situation désastreuse.   

Ce fiasco engage donc la responsabilité des maires de Carrières-sous-Poissy, de Chanteloup-les-Vignes et de Triel-sur-Seine, les élus de l'ancienne Communauté d'agglomération 2 Rives de Seine et ceux de la communauté urbaine GPS&O ainsi que les préfets qui se sont succédés  depuis 10 ans. 

En juin 2017, les associations Triel Environnement, ASAEECC "Votre vie à Carrières" et Rives de Seine Nature-Environnement ont alerté les médias et écrit au président de GPS&O, M. Tautou, pour qu'il agisse ;  celui-ci n'a pas répondu à ces associations.   

Trois mois plus tard, le volume des déchets a triplé de volume !  Sa masse pourrait se situer entre 5000 et 7000 tonnes.

 
 

Grâce à la cartographie des zones de déchets, réalisée par Alban (consultable sur dechargeonslaplaine.fr), nous pouvons estimer qu'il faudra nettoyer plus de 25 hectares, soit l’équivalent de 7 terrains de football pour une masse estimée à plus de 7000 tonnes de déchets à évacuer, trier et recycler.

Il a fallu deux incidents, l'un ayant entraîné la mort d'une petite fille dans un camp de Roms, pour que le préfet prenne les arrêtés d'expulsion demandés par les maires de Carrières-sous-Poissy et de Triel,  acceptant donc que soit procédé au démantèlement de trois des quatre camps de Roms présents.

Le maire de Carrières a, alors, fait fermer presque toutes les voies d'accès à la plaine. L'hémorragie semble stoppée, en tout cas le déchargement de déchets, correspondant à 20 camions par jour, s'est arrêtée.  Les Roms du dernier camp en place devraient prochainement être expulsés, selon le maire de Carrières, pour mettre définitivement fin à ces dépôts sauvages. Cependant, l'accès à la plaine est toujours possible !

Toutefois, depuis 5 mois, plus rien ne se passe ; nos associations, n'ayant aucun renseignement sur le devenir de la plaine de la part des élus, se demandent quand commencera, enfin,  le nettoyage.

Avec l'aide de Bruno Piva, propriétaire terrien, Alban a décidé d'agir en filmant la plaine en direct, puis avec son drone ; ensuite, il a créé une pétition, un site Internet, une page Facebook et un compte Twitter. A sa plus grande surprise, c'est un électrochoc pour des milliers de personnes stupéfaites, prenant connaissance de cette catastrophe écologique.

Courant février 2018, les journalistes sont revenus dans la plaine, alors que les discours dissonants entre le maire de Triel, de Carrières et le président de la communauté urbaine sont plus qu'inquiétants. En tout cas, ils ne laissent pas penser que la communauté urbaine travaille vraiment sur le futur nettoyage de la plaine, comme le maire de Carrières nous l'avait indiqué.

Des signes encourageants montrent le soutien de la population, puisque Alban en lançant la pétition "déchargeons la plaine", adressée au ministre de l'Environnement, Nicolas Hulot, a déjà récolté 1000 signatures en trois semaines !

Il faut savoir que la gestion des dépôts sauvages est de la responsabilité des maires et donc des intercommunalités, alors que les décharges sauvages sont traitées par l'Etat ! Alors, qui va financer le nettoyage et le tri des déchets ? Combien de temps faudre-t-il ? Personne n'est capable aujourd'hui d'établir un échéancier.

Avec Alban, Bruno, les associations et tous les défenseurs de la plaine, nous continuerons sans relâche à essayer de faire entreprendre le nettoyage de la plaine, quitte à retrousser nos manches faute d'actions efficaces des élus. Nous espérons réduire les lenteurs administratives de nos institutions et rendre les élus plus responsables et efficaces qu’ils ne l'ont été depuis 10 ans.

Nous ne voulons pas un enlisement dans la paperasse et des consultations interminables de bureaux d’études (à quel coût ?). Nous exigeons une action immédiate pour une remise en état de la plaine afin de lui redonner un aspect sain;  nous voulons que soient, ensuite, établies des propositions d’aménagement, comme des serres hors sol et pourquoi pas un parc d'activités « Espace Plaine Nature » dans une belle forêt comme l'ont fait d'autres collectivités.

 
 

Un autre danger inattendu s'est produit, le  lundi 26 février, alors qu'il n'y avait plus personne dans la plaine : un incendie y a été déclenché, à l'emplacement de l'ancien camp de Roms. Apparemement, des pneus ont brûlé ! Le danger de ce genre d'incendie dans la plaine vient de la présence de pots de peinture, de plastiques, d'amiante et d'autres matériaux extrêmement polluants. Les risques d'émanations toxiques et de pollutions diverses sont d'autant plus inquiétants. Il est impératif que cet océan de déchets disparaisse rapidement.  Les autorités doivent, donc, intervenir par "ordonnances", c'est à dire en prenant des mesures de nettoyage immédiates car il s'agit d'une question de salubrité et de santé publique !

 

Site internet : https://dechargeonslaplaine.fr

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