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Politique de la ville

Pierre Bédier veut remettre en marche la rénovation urbaine et le fait savoir

Par: 
Mac Guffin

Rappel de l’épisode précédent : nous avions laissé Pierre Bédier, président du conseil départemental, le 8 juin à l’inauguration du nouveau centre des arts circassiens de Chanteloup, encore dans sa sciure. D’un ton moqueur, il nous avait fait savoir son irritation, de conserve avec la cheffe chantelouvaise, stigmatisant la politique en mode serrage de vis du chef de l’État, plus technocratiquement intitulée : « Construire une action collective pour les habitants des quartiers ». Sous le masque de la belle formule, il y a une réalité : pour l’instant, plus rien du tout pour les banlieues ou presque !

 

 

Le département des Yvelines se mobilise donc pour soutenir ses chers élus de banlieue. A cette fin, il a mis les petits plats dans les grands avec un lancement en grande pompe, le 5 juillet, à l’Arche de Chanteloup. On ne comptait plus les chargés de mission et communicant(e)s déplacé(e)s pour l’occasion pour bien appuyer l'événement et presque aussi nombreux que les élus, avec sono, deux grands écrans et une estrade aménagée à la façon d’un podium au salon de l’automobile. Beaucoup de journalistes sont venus, notamment ceux de Le Monde, France Inter, Libération et des gazettes locales. Les maires de quatre villes emblématiques de l’engagement départemental ont été chargés d'exposer leurs chantiers de rénovation respectif : Catherine Arenou pour Chanteloup, François Garay pour les Mureaux, Raphaël Cognet pour Mantes-la-Jolie et Karl Olive pour Poissy.   

Borloo comme un Totem

Dans ce contexte de restrictions budgétaires qui a commencé avant l’ère macronienne*, le département lance en effet un “plan d’amorce” de rénovation urbaine qui concernera 22 opérations (voies publiques, équipements publics et réhabilitation de l’habitat social). Nos élus insistent lourdement : ils sont maintenant bien seuls depuis le désengagement de l’État et l’incompréhension des technocrates nationaux peu au fait des réalités locales. Emmanuel Macron est devenu pour eux l’incarnation de cet autisme insensible ! Borloo, en guest-star tout spécialement revenue de villégiature pour soutenir sa copine Catherine, reprend la critique soulignant qu’il n’aurait jamais été si proche de ces élus et de leurs préoccupations sans sa grande expérience valenciennoise.

L’expertise est en bas, l’arrogance est en haut !

Et nous ferons le boulot malgré tout ! Voilà le message politique que nous devions comprendre lors de cette conférence de presse organisée à l’orée des grandes vacances !

Tout cela devrait nous faire oublier tous les cadavres dans les Yvelines. Voilà un dérivatif bien utile qui permet de laisser de côté, temporairement, d’autres sujets : ainsi on ne parle plus d’un GPS&O en mal d’organisation, de la mer de déchets dans la plaine de Carrières-sous-Poissy, des tous petits élus ruraux traités comme quantité négligeable sur le projet Calcia auquel ils s’opposent (l’arrogance est partout !), de la bétonnite de Monsieur Tautou, etc (nous vous laissons le soin de complèter la liste). Merci Macron !

*Débuté en 2003, le financement de l’ANRU est en panne depuis 2014. Son deuxième volet prévu pour 450 quartiers entre 2014 et 2024 est à l’arrêt.

 
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