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Projets immobiliers

A Villennes, IKEA cède un terrain de 6 ha à un promoteur immobilier

Par: 
Rodrigo Acosta et correspondants

L'association Villennes Initiatives et Expression (VIE) a annoncé ses fortes craintes à propos de cette cession foncière qui ouvre la voie à un grand projet immobilier d'environ 420 logements. Pour Michel Pons, maire de Villennes-sur-Seine, c'est une affaire entre l'ancien propriétaire (IKEA) et le promoteur, dans le respect du droit de la propriété. 

L'association Villennes Initiatives et Expression (VIE) a diffusé, notamment aux internautes du réseau social, une information qui n'est pas du goût de la majorité des habitants de la ville de Villennes-sur-Seine, où le taux de logements sociaux ne dépasse, actuellement, pas 10 %.

Un projet disproportionné

Pour VIE,  c'est "un délirant projet d'aménagement de l'ancien terrain IKEA sur Fauveau avec 420 logements (quelques 1300 personnes) !" ; il est "totalement disproportionné pour notre petite commune" (environ 5400 habitants) ; "Il est INDISPENSABLE de le contrer, de le redimensionner et de l'adapter (en éco-quartier notamment)." Ainsi, les habitants ont été incités à se rendre à la réunion du conseil municipal du jeudi 21 février, où cette question devait être abordée par le biais des modifications du PLU (Plan local d'urbanisme). Le propriétaire IKEA aurait cédé le terrain constructible de 6 hectares au promoteur Cogedim, avec le concours de France Habitat, spécialiste de la construction de logements sociaux. VIE dénonce le tour de passe-passe qui consisterait à céder ce terrain à un promoteur qui pourrait profiter du passage au PLU intercommunal (le 1er janvier 2020) pour construire 420 logements, alors que PLU actuel ne permet que 350 logements. C'est que l'on appelle de l'anticipation foncière avec un juteuse plus-value.

Le J2R est allé à la rencontre d'adhérents de VIE. Dans l'esprit de défendre le cadre de vie de tous les Villennois, cette association alerte la population sur ce projet "gigantesque". Il pourrait défigurer la ville car il serait inadapté à la capacité de circulation dans la zone,  le terrain étant éloigné du carrefour entre Orgeval, Poissy et Villennes-sur-Seine. En outre, le chemin de Fauveau n'est pas desservi en transports en commun. Malgré la contrainte de la loi SRU, les adhérents de VIE, rejettent la solution d'y construire des logements sociaux, qui risqueraient de créer un ghetto comme ce fut le cas du quartier de la Coudraie à Poissy. 

Le défi d'une urbanisation nouvelle

En revanche, ces adhérents de VIE demandent à la municipalité de "prendre en mains le dossier", notamment par une préemption du foncier, en utilisant l'outil dédié de l'Etablissement public foncier de la région Île-de-France (EPFIDF). Ils souhaiteraient "plutôt la construction d'un éco-quartier dans un esprit différent de ce qui pourrait être proposé" par les acteurs actuels (Cogedim et France Habitat). Contacté par le J2R, le maire, Michel Pons, est hermétique à cette demande : "Ce terrain a été vendu dans le cadre d'une transaction classique. Le droit de propriété devrait être respecté." Toutefois, M. Pons a admis que la mairie veillera à ce que la demande du permis de construire soit faite dans le cadre strict des règles de l'urbanisme (PLU actuel et peut-être PLUi demain). Quant aux remarques des adhérents de VIE sur l'emplacement du futur quartier, l'ouverture à l'urbanisation "est toujours un défi" en matière d'équipements publics, de transports en commun et de circulation. 

Echos de la réunion du conseil municipal du 21 février

Lors de cette réunion, le projet immobilier du Plateau de Fauveau a fait débat. Michel Pons a dû changer de position ; Dominique Crinon, adjointe au maire en charge de l'urbanisme, a pris la parole dès le début de la réunion pour repousser tout projet d'urbanisation du terrain en question. Il y a eu, plus tard, le vote d'une motion en vue d'une préemption. Certains conseillers ont eu du mal, semble-t-il, à suivre la majorité ; toutefois, la motion a été votée à l'unanimité.

Pierre-François Degand avait clairement demandé cette solution, sur sa page Facebook :  "Préemptons, achetons ce terrain et devenons maître de notre destin. La préemption est une « arme » aux mains des mairies qui peuvent soit faire le bien ou laisser faire le mal." Après la réunion du conseil municipal, il y a fait ce commentaire : "Je voudrais remercier Dominique Crinon qui a fait hier un magnifique discours au conseil municipal dénonçant ce projet aberrant du plateau de Fauveau. Elle a eu le courage d’expliquer sans langue de bois qui était au courant des projets auxquels elle n’a jamais été associée. Elle a, malgré tout, recherché des solutions pour sauver notre village. Merci de nous avoir tenus au courant et du travail accompli."

 

 

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