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Histoire locale

Il y a 160 ans à Poissy, adieu veaux, vaches et moutons !

Par: 
Mac Guffin

Lorsqu’on déambule sur la Place de la République à Poissy,  sait-on que ce lieu était autrefois investi chaque semaine par de très nombreux veaux, vaches et moutons, rassemblés pour leur vente ?

Jusqu’à sa fin subite et simultanée avec le marché aux bestiaux de Sceaux en 1867, ce marché, remontant au haut Moyen Âge, assurait l’approvisionnement de la capitale en viande.

La concurrence d'un nouveau marché aux bestiaux parisien 

De cette époque digne du Western et des cowboys témoignent des vestiges remarquables tels que la halle aux veaux devenue le marché couvert, l’octroi près de la poste, des peintures du XIXe siècle et quelques gravures. L'événement qui mis fin à cette activité pisciacaise n’est autre que l’ouverture du marché de la Villette à l’entrée de Paris à l’apogée du Second Empire. Désormais, dans un pays couvert de voies ferrées, le dernier voyage de nos bêtes d’élevage se faisait en train. La grande halle de la Villette, qui accueille en ce moment l'exposition Toutankhammon, fabriquée dans le même style que les anciens pavillons des Halles de Paris, remplaça les marchés de Sceaux et de Poissy. Les abattoirs à proximité, reconstruits inutilement dans les années soixante, ne survécurent pas plus. De nos jours, des camions frigorifiques livrent directement les boucheries.

Western made in Normandie

Ce n’est pas de la gloriole que de parler de Western en Normandie car le genre cinématographique a justement été créé par un certain Jean Hamman dit Joë Hamman, né à Dieppe en 1883. Parenthèse fermée. Les animaux venaient des campagnes normandes, s'abreuvant dans les points d’eau et les fleuves jusqu’à la Seine à Poissy ; en la traversant sur le vieux pont détruit en 1944, ils passaient devant le moulin de la Reine Blanche accroché à l’édifice, entraient dans la ville à l’endroit où l’automobiliste passe aujourd’hui sous la voie ferrée, laissant tout de suite sur leur gauche l’ancienne mairie, tout cela dans le tumulte, beaucoup de poussière, d’odeurs et de beuglements divers ! Une fois vendus, après les formalités de l’octroi, passage alors fermé par des grilles, ils reprenaient la route de la capitale pour y être abattus dans l'un des dix abattoirs intra-muros de Paris. Les habitants de Poissy respiraient alors comme dans une étable de nombreux jours de l’année.

      

Quelques dates :

En 1822, le conseil municipal fait de grands aménagements pour le marché aux bestiaux. Il construit un pavillon d'octroi où sont perçues les taxes des animaux vendus, une halle aux veaux, un bâtiment pour la caisse qui existe toujours, deux parcs (pour les moutons et les bœufs), et un abattoir local.

En 1838, le marché aux bestiaux est réaménagé sous la forme que l’on connaît mieux grâce aux représentations de la seconde moitié du XIXe siècle, allant du bout de l’actuelle place de la République jusqu’au collège Jean Jaurès.

En 1867, le marché aux bestiaux de Poissy, qui soutenait depuis plusieurs siècles l'activité économique de la ville, est supprimé et transféré au nouveau marché de la Villette, inauguré à Paris le 1er octobre 1867.

En 1935, le nouveau maire socialiste, René Tainon, décide de construire un nouvel hôtel de ville sur une partie de l'ancien marché aux bestiaux

Pour en savoir plus :

https://francearchives.fr/fr/commemo/recueil-2017/26287846

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