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Culture et épidémie

Réflexions d'un confiné (1) : la lecture comme viatique

Par : 
Mac Guffin

Dans la littérature, le cinéma et les arts plastiques est largement traité le thème de l'épidémie. Le Covid-19 est la première épidémie d'importance du XXIe siècle à nous atteindre directement. En ces temps de confinement, nous allons chacun mettre à profit cette parenthèse forcée. Ainsi reclus, nous devrons occuper une partie de notre temps à nous préserver et peut-être à réfléchir, méditer sur nous-même, notre condition humaine.

 

Passé l’état de sidération, il faut chercher à prévenir et à atténuer les débordements de toutes sortes que ne manquera pas de provoquer cette crise inattendue. Chercher des réponses pour comprendre, accepter et agir.

La littérature et la philosophie, mais aussi le cinéma et l’histoire, sont des formidables ressources qui témoignent ce que l’on observe déjà dans l’actualité.

La littérature

Dans Farces et moralités, Octave Mirbeau (L’Épidémie, 1898), dresse une caricature féroce de l’égoïsme et de l’indifférence homicide des possédants. Au cours d’une réunion d'un conseil municipal, les notables refusent d’apporter une quelconque aide aux personnes atteintes de fièvre typhoïde jusqu’à que celle-ci atteigne l’un d’entre eux “Messieurs !, s’écrit le maire, Un bourgeois est mort” ; ils changent alors, radicalement, de point de vue pour venger leur ami Joseph : “Votons… Guerre aux microbes !… Guerre à la mort !… Vive la science !…

L'indifférence au sort des petits se manifeste aujourd’hui ; il n’y a qu'à voir l'attitude dictée par la cupidité la plus basse du PDG d’Amazon dont la philanthropie affichée, c'est à dire la plus vulgaire : “Regardez comme je suis bon”, ne l'empêche absolument pas, comme les marchands de vin en 14-18, de profiter honteusement de la situation ; les libraires sont, eux, priés de fermer leur commerce ! Nous apprenons que cette belle entreprise vertueuse menace de sanction les salariés qui hésitent à se rendre au travail à cause de l’épidémie de Coronavirus. Faut-il aller jusqu’à souhaiter qu’un membre de sa famille contracte le virus pour qu’il change opportunément d’attitude ?             

La peste de Camus. Si le roman d’Albert Camus est davantage une métaphore des choix moraux qui se posaient aux Français pendant l’occupation, l’auteur nous dessine une galerie de personnages et de comportements que l’on rencontre en pareilles circonstances. Il y a, par exemple, des héros comme le médecin, Bernard Rieux, qui lutte contre la peste pendant tout le roman ; c'est un homme sensible et humaniste, qui ne baisse pas les bras. D’autres tirent avantage de la peste.

L'histoire

De nombreuses vidéos historiques peuvent être visionnées sur Youtube et Dailymotion. Il y a, parmi d’autres, le récit de la peste noire à Marseille en 1720 dans l’émission d’Olivier Ferrand. Les enquêtes historiques établissent aujourd’hui que c’est la cupidité d’un échevin (maire et marchand) qui ne voulait pas sacrifier la précieuse marchandise d’étoffes infectées par la puce du rat, vecteur de la peste bubonique. La quarantaine pourtant prévue n'a pas été respectée et le bateau est entré dans le port : résultat 100 000 morts !

Nous pourrions multiplier les références et, certainement, chacun d'entre nous a ses lectures sur le sujet. Voici quelques liens :

Farces et moralité, l'Épidémie par les Comédiens de la tour :

https://www.youtube.com/watch?time_continue=3&v=-ek6Tg_kWQI&feature=emb_title

Le texte de la pièce de Mirbeau :

https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99%C3%89pid%C3%A9mie

La peste de Camus :

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Peste

La peste noire de 1720 à Marseille :

https://www.youtube.com/watch?v=5ggaSA1eTEM&t=476

 
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